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CHAPITRE YI

Etiologie et pathogénie des psychoses menstruelles.

§ 1. — - MÉCANISME DES PYSCHOSES MENSTRUELLES

Les psychoses menstruelles, avons-nous dit, sont d'origine sympathique. Pareille explication ne saurait avoir de la valeur et ne serait qu'un grand mot dissimulant assez mal notre ignorance, si nous nous contentions d'affirmer qu'il existe une sympathie menstruelle, sans dire pourquoi et comment elle agit. Nous devons aussi et surtout donner les raisons de son existence et de son mécanisme; les faits cliniques ne nous suffisant pas pour cela, nous devons nous adresser à l'étude de l'anatomie et de la physiologie du système nerveux.

L'anatomie nous démontre qu'aucun organe, plus que ceux de la génération, ne présente des relations plus intimes et plus nombreuses avec les centres nerveux. Nous trouvons dans ces organes et plus spécialement dans les ovaires et l'utérus, toute une pléiade de ganglions sympathiques, puis un riche réseau de nerfs mixtes émanant des plexus hypogastriques, sacro-lombaires, coccygiens et fémoraux1.

Tous ces plexus nerveux, par leur anastomose et leurs vastes

1 Si l'on prend un morceau de l'utérus d'une lapine pleine et qu'on le plonge dans l'eau chaude, on constate très netlement pendant un temps assez long (trois quarts d'heure, une heure même) des contractions fibrillaires ; ce qui certainement n'existerait pas à un degré aussi prononcé, si l'utérus ne renfermait pas des ganglions sympathiques, jouant le rôle de petits centres nerveux automoteurs propres.

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ramifications, sont en rapport avec les autres plexus et ganglions du trisplanchnique. Or, les savants travaux de Claude Bernard sur le grand sympathique ont démontré toute l'influence fonctionnelle, qui, par l'intermédiaire de ce nerf, s'exerce des organes au cerveau et réciproquement. Et nous n'avons plus aucune peine à comprendre comment de si surprenants phénomènes que ceux dont nous avons parlé, puissent s'ohserver pendant la menstruation, alors que toutes les périodes de cette difficile fonction s'accomplissent au milieu d'un si puissant foyer nerveux en connexion si intime et si directe avec l'axe cérébro-spinal. La même raison anatomique nous explique pourquoi les troubles nerveux menstruels appartiennent plus fréquemment à l'ordre des perturbations fonctionnelles du système ganglionnaire, et présentent ces caractères vagues, mobiles, changeants, appelés par Sandras état nerveux, qualifiés par Cerise de névropathie protéiforme et décrits plus récemment par Bouchut sous le nom de nervosisme.

Les relations anatomo-physiologiques qui existent entre les organes génitaux de la femme et le système nerveux central et périphérique, sont mises en lumière, non seulement par la dissection, mais encore par les expériences de laboratoire. Flourens, Longet, Vulpian, Frankenhauser ont provoqué, en effet, chez les animaux divers mouvements des ovaires, des cornes et du corps de l'utérus, en irritant le bout central des nerfs spinaux, certains endroits de la moelle et de l'écorce grise des hémisphères.

Selon Krafft-Ebing, la période congestive de la menstruation, avec rupture subséquente du follicule, provoque une irritation réflexe des nerfs de l'ovaire. Celle-ci irait toujours en augmentant et atteindrait son maximum à la seconde période de la fonction, c'est-à-dire au moment de l'écoulement sanguin ; elle serait assez forte pour rompre l'équilibre de l'innervation normale et provoquer des troubles de toutes sortes.

Mais quel serait le mécanisme de la production de ces troubles? Sont-ils purement réflexes? Avons-nous affaire à un simple trouble de la force vitale, à un trouble dynamique, à un trouble sine sede et sine matériel, ou bien existe-t-il une lésion anatomique qui puisse les expliquer, comme par exemple : une phlegmasie cérébrale consécutive à une phlegmasie utéro-ovarique menstruelle?

Cette dernière hypothèse a pour elle l'autorité de Meyer (de Berlin), qui, dans de nombreuses autopsies, a trouvé, en même temps que des méningites suppurées, une inflammation de l'utérus ou du péritoine pelvien1.

Je préfère la théorie de PlLiger : cet auteur enseigne que l'irritation des nerfs ovariens, par l'effet de la menstruation, se porte spécialement aux nerfs vaso-moteurs de l'utérus; de là, se transmet aux organes nerveux centraux pour réagir sur leur circulation, en sorte que la psychopathie menstruelle aurait son explication dans la congestion cérébrale. Et de fait pourquoi le cerveau, sous l'influence du molimen menstruel, ne se congestionnerait-il pas comme se congestionnent les seins et tant d'autres organes? D'autre part, l'examen du pouls et des contractions cardiaques ne nous montre-t-il pas que la circulation, pendant la période menstruelle devient plus agitée, plus forte, plus active ?

Vulpian, cherchant les raisons de l'écoulement sanguin dont s'accompagne l'ovulation, en donne l'explication suivante : « Lorsque la maturition d'une vésicule de de G;*aaf est sur le point d'arriver à son terme, l'utérus devient le siège d'un travail préparatoire dont la nature est loin d'être connue. L'imp.-ession qui en résulte, est transmise au cerveau et elle suspend l'activité des parties de ces centres qui régisssnt

1 Werth deKiel dit avoir rencontré des lésions organiques de l'encéphale chez plusieurs femmes qui étaient devenues folles à la suite d'opérations pratiquées sur l'appareil utéro-ovarien : in Annal, de gynécologie, août 1888. Savage a fait la même constatation chez deux femmes atteintes d'aliénation à la suite d'opération du sein.

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