‹ La femme pendant la période menstruelleChapitre 29 sur 46 · ÉTI0L0GIE ET PATHOGÉNIE DES PSYCHOSES MENSTRUELLES · texte numérisé non relu

ÉTI0L0GIE ET PATHOGÉNIE DES PSYCHOSES MENSTRUELLES

le tonus des vaisseaux; une congestion se produit alors et les vaisseaux laissent échapper le sérum et les globules sanguins en quantité variable. » Cette impression qui suspend l'activité des centres commandant aux vaisseaux utérins et que l'illustre physiologiste invoque pour expliquer la congestion utéro-ovarienne, pourquoi n'agirai t-clle pas sur les centres voisins présidant à l'irrigation sanguine cérébrale, ou encore mieux sur les centres nobles eux-mêmes commandant aux fonctions intellectuelles et aux fonctions morales ?

11 paraîtra peut-être surprenant qu'à une si faible excitation partie des organes génitaux succèdent de si graves désordres cérébraux. Et d'abord, rien ne prouve le peu d'intensité de cette excitation : les souffrances qu'endurent la plupart des femmes, disent hautement -le contraire. Admettons néanmoins que l'excitation ovarique sjit très faible ; mais elle est prolongée, elle est continue pendant plusieurs jours. Or, la physiologie expérimentale a prouvé, dans ces dernières années, que les irritations périphériques très faibles, mais continues, augmentent considérablement l'excitabilité de la couche corticale, et, par addition lente et prolongée de leurs effets, sont capables d'exercer du côté du cerveau une action sympathique très sérieuse. Ceci du reste est d'accord avec la loi des causes infinitésimales énoncées par Maupertuis au siècle dernier : a La nature arrive à certains résultats très prononcés par une série de causes très minimes etpeu appréciables à elles seules. »

Et puis, quelque minime que soit cette excitation, il faut encore tenir compte du sujet sur lequel elle s'exerce. Or, si l'homme, suivant l'expression de Halle, est la partie musculaire du genre humain, la femme en est la partie nerveuse. Et cet état nerveux particulier, qui constitue le fond même de son tempérament, n'en fait-elle pas un terrain admirablement préparé pour l'éclosion de tous les troubles d'ordre réflexe ? « Quand jedis : femme, écrit Rabelais, je dis un sexe tout fra-

gile, tout variable, tout inconstant et imparfait, que nature me semble (parlant à tout honneur et réve'rence) s'être égarée de ce bon sens, par lequel elle avait créé et formé toutes choses quand elle a basti l'homme. Et, ayant pensé cent et cinq cent fois, ne sait à quoi me résoudre, sinon que forgeant la femme, elle a eu égard à la sociale délectation de l'homme et à la perpétuité de l'espèce humaine, plus qu'à la perfection de l'indivuale muliébrité. » Nos pères avaient coutume de dire : «Varîum et mutabile femina quse colligit utque ponit iram temere et mutabitur inhoras. » Chez la femme, en effet, le système nerveux est très instable. Les trois grands appareils qui le composent : encéphale, axe bulbo -spinal et sympathique, sont liés par une subordination bien moins assurée que chez l'homme, et, pour troubler une harmonie si précaire, la menstruation est certainement une cause plus que suffisante.

§ 2. DES CAUSES PRÉDISPOSANTES ET ADJUVANTES.

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