INTRODUCTION IX
mer dès le début de ce travail, et à dire avec l'illustre Esquirol : « A Dieu ne plaise que, fauteur du matérialisme ou du fatalisme, je veuille créer ou défendre des théories subversives de la morale, de la société et de la religion. » Je crois cette œuvre très moralisatrice et digne de tenter le travail d'un honnête homme; voilà pourquoi je l'entreprends. Quel que soit du reste le jugement que l'on portera sur elle, je l'accepterai sans me plaindre, trouvant dans le témoignage de ma conscience la seule récompense que j'ambitionne et qui me dédommagera suffisamment de toutes les peines et de tout le labeur que je me suis imposés.
L'étude de l'homme physique, d'après Cabanis, est également intéressante pour le médecin et pour le moraliste; elle est presque également, nécessaire à tous les deux. Cette vérité ressort surtout par l'étude de la partie faible du genre humain, par l'étude de la femme qui, suivant l'expression d'Hippocrate, est un foyer d'infirmités et de douleurs. Ce n'est qu'à travers mille tourments d'esprit et de corps qu'une jeune fille parvient à la puberté; mariée ensuite, à peine entrevoit-elle la douce espérance de devenir mère, que ce plaisir est troublé par les incommodités de la grossesse et remplacé bientôt par les douleurs de l'enfantement, les suites de couches et les fatigues de l'allaitement. Et lorsqu'elle perdra le signe de sa fécondité, que de nouvelles inquiétudes, que de tourments ne l'attendent-ils pas ?
X PSYCHOSES MENSTRUELLES
La femme est une malade, mais elle l'est surtout à certaines époques, qui, douze ou treize fois par an, lui rappellent douloureusement son sexe et le rôle qu'elle a à remplir.
On a étudié l'influence de la grossesse, de l'accouchement et de l'allaitement sur le moral de la femme, et c'est un fait acquis aujourd'hui et admis par la science que ces différents états physiologiques peuvent soustraire momentanément la femme à l'empire de sa volonté.
Existe-t-il aussi une relation entre la fonction menstruelle et les fonctions psychiques? De nombreux auteurs ont écrit sur ce sujet; mais tous les adversaires ne se sont pas rendus, et il s'en trouve encore quelques-uns qui s'élèvent contre la doctrine dont je me fais l'apôtre et en faveur de laquelle je viens apporter cette contribution.
La fonction menstruelle peut, par sympathie, surtout chez les prédisposées, créer un état mental variant depuis la simple psychalgie , c est-à-dire le simple malaise moral, la simple inquiétude de l 'âme jusqu'à F aliénation, à la perte complète de la raison, et modifiant la moralité des actes depuis la simple atténuation jusqu'à F irresponsabilité absolue. Telle est la proposition que je formule et que je vais essayer de démontrer.
J'ai longuement et consciencieusement étudié mon sujet. Ce travail est le fruit de plusieurs années d'étude. Je citerai à l'appui de ma thèse l'opinion des auteurs les plus célèbres. Je ferai parler quelquefois les anciens ; car