‹ La femme romaineChapitre 100 sur 313 · LA MÈRE ROMAINE ET LA MÈRE SPARTIATE · texte numérisé non relu

LA MÈRE ROMAINE ET LA MÈRE SPARTIATE

n'a pas reçu l'adieu, et dont elle ne pourra même

ensevelir les restes épars; penser, que c’ést pour contempler cet horrible spectacle qu’elle a suivi son fils sur terre et sur mer, toutes ces déchirantes impréssions lui font implorer comme une grâce la mort libératrice. À ses cris répondentles gémissements des

soldats quil'entourent. Les guerriers sentent même.

fléchir leur courage. Devant cette vieille femme privée de son unique appui, peut-être songent-ils qu'eux aussi ils pourront manquer à leurs mères. Ascagne, tout en pleurs, fait emporter loin du champ de bataille la femme dont il a promis d’être le fils.

Dans cet épisode écrit par Virgile avec le cœur d’un fils et les entrailles d’une mère, à quelle distance nous sommes de cette Spartiate que réjouit la mort glorieuse de son fils ! Et quel plus vif contraste dans ces deux faits produits par une même situation : la mère lacédémonienne tuant son fils qui a survécu à une défaite de l’armée spartiate: et ces deux mères romaines qui meurent de joie en voyantrevenir leurs fils qu’elles croyaient morts à Trasimène!

C'est qu'a Rome, nous l’avons dit plus haut, la femme savait allier les tendresses de la famille à l’amour de la patrie. Brutus faisant mourir dans ses

propres fils les affidés de Tarquin; Manlius Torquatus

condamnant dans son fils, le soldat qui s’est battu sans son ordre et qui cependant a triomphé; ces hommes au cœur inflexible qui sacrifiaient ainsi la

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