‹ La femme romaineChapitre 102 sur 313 · LA MATRONE ET LA PATRIE · texte numérisé non relu

LA MATRONE ET LA PATRIE

combattants aimés! Tite-Live nous apprend ce que fut cette joie délirante. Dans une guerre contre les Volsques, l'infanterie a fléchi; mais, par un suprême effort, les cavaliers, bien que peu nombreux, ont tenté de sauver l'honneur du nom romain. L'armée et la ville croient qu'ils ont péri dans leur noble entreprise, et déja leurs familles les pleurent. Soudain un grand cri retentit à Rome : « Vivants et victorieux, les cavaliers reviennent! ». Tremblantes, éperdues, les mères et les femmes des héros se précipitent hors de leurs maisons, courent au-devant des vainqueurs, et, oubliant, dans cet ineffable transport, qu’à Rome surtout l'ombre seule du foyer doit abriter les plus légitimes épanchements, elles se jettent dans les bras de leurs époux et dans ceux de leurs fils.

À l'heure d’une victoire nationale, les matrones savent rendre aux dieux de magnifiques actions de grâces. Elles ne se bornent pas a remplir les temples. Après une défaite des Véiens, elles apportent leur or et leurs bijoux à l'État pour que Rome puisse envoyer au temple de Delphes l’offrande que Camille a promise à Apollon en échange de la victoire. Tite-Live rappelle que rien ne fut plus agréable au Sénat que cet élan spontané. Aussi l'auguste assemblée ne se contenta-t-elle pas de payer en argent aux matrones le prix de leur offrande. A cette époque où la circula-

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