LES MATRONES DEVANT L’INVASION
tion des voitures était interdite dans les rues si étroites de Rome, le Sénat décerna, dit-on, aux matrones, le droit de se rendre aux sacrifices et aux jeux publics dans les pilenta, chars magnifiques, ouverts sur les côtés; et le Sénat permit aussi qu'aux jours fériés et non fériés, les compagnes des Romains se servissent des voitures couvertes nommées carpenta!. Quant à l’or qu’elles avaient donné, l’on en fit un objet spécial, un cratère ?.
Le moment approchait où le patriotisme des matrones allait être mis à une plus grande épreuve.
Voici que les enseignes de l’armée gauloise apparaissent aux portes de Rome. Les jeunes Romains vont monter au Capitole et y conduire les femmes et les enfants, pour sauvegarder le plus longtemps possible, avec le dernier asile de leur indépendance, les seuls biens qui restent aux vaincus : l'honneur dela cité, la pureté des femmes, et ce suprême espoir de la patrie : les berceaux!
Les matrones ontle cœur déchiré par un cruel combat. Suivront-elles lès jeunes guerriers dont elles sont ou les femmes ou les mères? Demeureront-elles ‘auprès des vieillards qui restent, ces vieillards, époux de celles-ci, pères de celles-la, et qui vont être ex-
1. Virgile, Enéide, vin, 665, 666 ; James Yates, Carpentum, Pilentum (Smith’s Dictionary); et les mêmes mots dans le dictionnaire de Rich-Chéruel; Ampère, l'Histoire romaine à Rome.
2, Tite-Live, v, 23, 25.