LES MATRONES DEVANT L'INVASION
posés à toutes les horreurs d’une invasion barbare ? Les malheureuses femmes errent des premiers aux seconds. De chaque côté elles laisseront une partie de leur cœur. Enfin, suivant sans doute la voix de leurs plus impérieuses affections, les unes montent au Capitole, les autres, qui sont les moins nombreuses, restent dans la ville.
-L’ennemi entre. Aucune violence ne signale d’abord la prise de Rome ; mais, à la suite d’un incident célèbre, les sénateurs sont massacrés, ainsi que leurs compagnes d’infortune; les maisons sont pillées et ‘incendiées; et, du haut du Capitole, les derniers Romains voient brûler leur ville, leurs foyers ; ils entendent les clameurs de l'ennemi, le fracas des toits qui s’écroulent, et un autre bruit, le plus sinistre et le plus horrible de tous : les cris des femmes et des enfants que l’on égorge!, ces cris dans lesquels plus d’un assiégé de la citadelle croit peut-être distinguer la vibration d’une voix aimée.
La famine qui, à toute époque, est laplussürealliée des assiégeants, la famine affaiblit les assiégés. Les envahisseurs le savent et s’en réjouissent; ils disent que ce manque de vivres leur ouvrira la citadelle, et, suivant une tradition, les assiékés leur répondent en leur jetant, avec une dédaigneuse pitié, des morceaux de ce pain qui est devenu si rare?. Et néanmoins le