‹ La femme romaineChapitre 106 sur 313 · DEUILS PATRIOTIQUES DES MATRONES · texte numérisé non relu

DEUILS PATRIOTIQUES DES MATRONES

déclaré sacré, et déposé sous le trône de Jupiter. Par une de ces étranges vicissitudes qui sont les grandes leçons de l'histoire, nous avons vu, de nos . jours, les filles des Gaulois suivre l'exemple que leur avaient donné les Romaines. Idée généreuse, mais | impraticable, car la rançon de la France était moins aisée à payer que la rançon de Rome. C’est l’or même de notre nation qui a dû être pesé dans la balance ; et cette balance, nul Camille, hélas! n’a pu la renverser. Pour employer, en la retournant, l’admirable expression que rapporte Tite-Live, c’est par l'or, non par le fer, que nous avons dù reconquérir la patrie, ou, pour mieux dire, ce qui nous restait de la patrie! Mais revenons à Rome.

Ces matrones, qui aimaient tant leur pays, savaient l’honorer dans ses grands hommes. Elles portèrent, aussi longtemps que pour leurs proches parents, le deuil de Brutus, de Valérius Publicola, de Ménénius Agrippa, de Coriolan ?. Les femmes avaient un titre particulier pour rendre cet hommage aux vengeurs de Lucrèce et au fils de Véturie; et quant à Ménénius Agrippa, le médiateur de Rome pendant les discordes civiles, n’était-il pas naturel aussi de le voir publiquement pleuré par les femmes, ces doux ministres de paix et de réconciliation? Les antiques ma-

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