Cité de Dieu, I, xix
VÉTURIE. VOLUMNIE 169 est digne de ces temps où la femme exerçait, d’une manière directe ou indirecte, une influence sociale qui ne rayonnait que du foyer domestique. |
Cette influence était, par sa douceur même, la plus irrésistible de toutes. Quelque impérieux que fût le Romain, il la subissait avec amour. Voyez Coriolan, ce fier patricien qui a toute la hautaine dureté de la vieille race sabine. Caractère indomptable, il a néanmoins, dès ses premières années, plié sous un pouvoir : l’autorité de sa mère Véturie!, la noble veuve qui l’a élevé. Sa fougueuse valeur suffirait pour l'entrainer sur les champs de bataille ; mais, en cédant à ce généreux instinct, il a un but encore plus délicat que la gloire des armes : le bonheur de sa mere! Il sait que, vraiment Romaine, Véturie sera fière de ses succès. Et lorsque, vainqueur, il revient à Rome, le front ceint de la couronne de chêne, et que sa mère l’'embrasse en pleurant de joie, le jeune héros a reçu sa récompense : Rome ne peut plus lui en offrir qui soit digne de lui.
Pour plaire à cette mère adorée, il a pris une compagne, la douce Volumnie?. Marié, il est resté sous le toit maternel, et deux fils sont nés dans cette patriarcale demeure.
4. C’est le nom que lui donnent Tite-Live et Denys d'Halicarnasse. Plutarque l'appelle Volumnie, nom par lequel les précédents historiens désignent sa belle-fille.