FABIA
tribuns militaires, mais qui n’en bénéficiaient plus depuis longtemps, la patricienne regrettait le mariage qui l'avait fait entrer dans une maison à la porte de laquelle ne frapperait jamais la baguette du licteur. Elle devint triste, et son père s’en aperçut. Fabius craignit qu’elle ne fût malade et l’interrogea. Elle n’osait avouer le sentiment de jalousie qui lui blessait le cœur. Enfin, cédant aux affectueuses instances de son père, elle lui révéla le motif de son chagrin. Fabius consola sa fille et lui annonça qu’un jour viendrait où elle verrait aussi chez elle l'appareil du pouvoir. Le père et l'époux se concertèrent, et, apres une lutte de plusieurs années, la jeune Fabia, si elle vivait encore, fut plus que la femme d'un tribun militaire : la femme d’un consul.
Le droit d’être élu à la première magistrature de la république, ce droit si longtemps réclamé par les plébéiens, leur était enfin acquis, et ce résultat était dû à la plus puérile des influences : la bouderie d’une jeune femme vaniteuse. Ici cependant encore la femme avait, sans sortir de la famille, provoqué une révolution qui, du moins, fut pacifique.
Pour résumer ce long chapitre, nous dirons que la condition de la matrone, chez les Romains de la première époque, présente ces deux aspects d’un si frappant contraste : en principe, l'épouse est asservie à