‹ La femme romaineChapitre 116 sur 313 · LA MATRONE DEVANT LE DROIT ET DEVANT LA COUTUME · texte numérisé non relu

LA MATRONE DEVANT LE DROIT ET DEVANT LA COUTUME

l'époux; en réalité, elle le domine. Suivant le droit, c’est une esclave; suivant la coutume, c’est une reine. Le Romain, comme le Spartiate, reconnait ce pouvoir; et, ici comme ailleurs', nous remarquerons avec Aristote que c’est chez les peuples guerriers que la femme a le plus d'influence. Là où l’homme est fort, il est moins jaloux de son autorité, et c’est la craintive mollesse des Orientaux qui a inventé le gynécée. |

Nous allons entrer dans une période où l’ascendant de la femme s’exercera le plus souvent d’une manière néfaste. Sans doute, à l’époque même que nous venons d'étudier, toutes les matrones n'étaient pas des Tanaquil, des Lucrèce, des Véturie. Mais une femme criminelle comme Tullie, ou dissipée comme les brus de Tarquin le Superbe, n’était qu’une exception. Cependant, plus d’un siècle en deçà de la limite que nous allons franchir, il y a des symptômes d’une démoralisation générale. L'an 328 avant notre ère, une effrayante mortalité vient désoler Rome. Une esclave révèle que cette épidémie n’est autre que le poison, et que ce poison est préparé par des matrones. Vingt de ces femmes, chez lesquelles on a saisi des préparations vénéneuses, sont amenées devant le peuple par un officier public, le viateur. Deux d'entre elles, deux patriciennes, prétendent que les breuvages

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