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vent la faiblesse du caractère à la grandeur d'âme et à la puissance oratoire. Quand il reçoit des lettres de sa femme, de sa fille, de son fils; quand il répond à ces êtres chéris, les larmes inondent son visage ‘. Après quinze mois d’exil, écrivant de Thessalonique à son frère, et lui exprimant la douleur qu'il éprouve d’être séparé de lui, il ajoute : « De plus, ne regrettéje pas en même temps ma fille? Que de piété, que de modestie, que d'esprit! Effigie de mes traits, de mon langage, de mon âme?! »
L'âme de Cicéron, mais avec une force plus virile, vivait en effet dans Tullie, et l’on comprend quel vide devait laisser, auprès de l’exilé, l'absence de ce noble cœur et de cette intelligence si haute et si cultivée. Ce qui augmentait encore son chagrin, c'était l'inquiétude du sort réservé à Tullie. Qu'adviendraitil maintenant de la fille du proscrit*? ? Dans la lettre dont nous venons de citer un fragment, Cicéron recommande à son frère, Tullie, «mafille etla tienne ‘,» dit-il. Il larecommande également, ainsi que son fils, à son cher Atticus, et cette prière termine une lettre danslaquelle il a dit à ce fidèle ami que, malgré son dé-
1. Cicéron, Lettres, 59. À Térentia, à Tullie et à Cicéron (son fils), les siens.
2. Quid quod eodem tempore desidero filiam? qua pietate, qua modestia, quo ingenio ! effigiem cris, sermonis, animi mei! Id.,id., 63. À Marcus Quintus, son frère.