‹ La femme romaineChapitre 139 sur 313 · Id, id. 295, Id;, 298, id · texte numérisé non relu

Id, id. 295, Id;, 298, id

&ÿ. Voir la Home des deux lettres citées à la note précédente.

ee

jours l’objet de sa tendre prédilection. Tout l'intéressait dans sa petite amie. Une année avant la mort de sa fille, il écrivait : « Et puissé-je sur-lechamp courir à l’embrassement de ma Tullie et au baiser d’Attica ! Écris-moi, je te prie, ce qui concerne celle-ci, afin que tant que je resterai à Tusculum, je sache ce qu’elle gazouille, ou, si elle est à la campagne, ce qu’elle t’écrit. A elle cependant écris ou dis mon salut !.» :

Pour exprimer avec plus d'énergie la part qu'il prend aux souffrances d’Attica, Cicéron emploie le verbe hellénique suurésyw. « Je souffre avec elle, ditil, de ces petits mouvements de fièvre ?. » Le verbe latin compatior, plus tard vulgarisé par la charité évangélique, traduisit cette expression grecque. A ces deux mots correspondent en français ceux de sympathiser et de compalir ; mais l’usage en est devenu si banal, la signification en est si souvent absente, que nous ne saurions y trouver l'équivalent du terme hellénique choisi par Cicéron. Nous ne pouvons comparer à cette délicate expression que la célèbre parole de M"° de Sévigné écrivant à sa fille : « J’ai mal à votre poitrine. »

LA Atque utinam continuo ad complexum met Tulliæ, ad osculum Atticæ possim currere! Quod quidem ipsum scribe, quæso, ad me; ut dum consisto in Tusculano, sciam, quid garriat : sin rusticatur, quod scribat ad te : eique interea aut scribessalutem

aut nuntiabis.….. Cicéron, Lettres, 449. A Atticus. 2. Commotiunculis cuurdoytw. 1d., id. 523: Id,

Ce fut pendant la maladie d’Attica que Cicéron perdit sa fille; et, comme nous lé disions plus haut, sa douleur, cette douleur qui le rendait indifférent à la gloire même, ne le laissait pas insensible à la pénible épreuve que subissait l'enfant d’Atticus. Dans la solitude d’Asture, ils’inquiétait de voir se prolonger la fièvre qui agitait la jeune fille; et plus tard cette crainte alla jusqu’à l'angoisse. Nous nous intéressons avec lui à cette douce enfant qui, supportant la douleur avec résignation, conservait même sa gaieté au milieu de ses longues souffrances et priait son pére de n'être pas triste ‘.

Cicéron approuve Atticus de chercher à distraire la jeune fille par la vue des pompes religieuses : «Il y à toujours pour l'esprit quelqué soulagement dans un spectacle, surtout si celui-ci se rapporte aux croyances et à l'honneur de la religion ?. »

Attica se se rétablit. Sa mère put la quitter pour aller passer quelque temps dans l’une des villas de Cicéron ; et la jeune fille remercia son vieil ami des soins qu'il rendait à celle qui lui avait donné le jour 5. |

1. Voir particulièrement la lettre citée dansla note précédente, et les autres lettres écrites par Cicéron à Atticus, pendant le mois de juillet de l'an 44 av. J.-C.

2. De Attica, probo. Est quiddam etiam animum levari quum spectatione, tum etiam religionis opinione et fama. Cicéron, Lettres, 642. À Atlicus.

Page 1