‹ La femme romaineChapitre 144 sur 313 · LE PORTE SUR LA TOMBE D'UNE ENFANT · texte numérisé non relu

LE PORTE SUR LA TOMBE D'UNE ENFANT

L’étranger lui-même se sentait ému devant ces tombes prématurément ouvertes. Nous avons vu le sévère et satirique Juvénal céder à cet attendrissement. Voici un autre poëte, l'écrivain qui, le plus souvent, roule, dans une fange immonde, les ailes de sa muse : c'est Martial. Eh bien! pour pleurer la mort d'une enfant, cet homme si dépravé a des paroles d’une grâce à la fois chaste et mélancolique. Et pourtant cette petite créature n’est que la fille de son esclave. N'importe ! Dans sa dégradation morale même, le poëte n’a pu respirer sans émotion ce parfum d'innocence qui, pendant une courte aurore, s’est mêlé à la malsaine atmosphère de sa vie habituelle.

Trois petits poëmes sont consacrés par Martial à cette douce mémoire. Le premier est une épitaphe où il se met à la place de la mère, pauvre femme déjà veuve. Cette mère recommande à son époux l'enfant qui la quitte pour le rejoindre, l’enfant que sa sollicitude suit avec anxiété et terreur au delà de la tombe, l'enfant dont la mère ne veut pas être oubliée même dans la mort. Rien ne pouvait

Deäe Avent. sacerd.

Exorare patris necem non potui.

Male mori in fatis illi erat.

Vixi annos xx.

ORELLI, Inscriptiones Helvetiæ, 213.

Lord Byron a rendu un noble et poétique hommage à Julia Alpinula. Child-Harold, chant ui.

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