‹ La femme romaineChapitre 146 sur 313 · LE POÈTE SUR LA TOMBE D'UNE ENFANT · texte numérisé non relu

LE POÈTE SUR LA TOMBE D'UNE ENFANT

en te frappant la poitrine, et en t'arrachant en même temps les cheveux ! ? »

Le corps de-la jeune fille a été déposé dans un champ dont Martial est le propriétaire ; et avec l’inquiète prévoyance que Cicéron avait pour le temple destiné à sa fille, le poëte recommande ce petit tombeau au futur possesseur de sa terre. L’épitaphe où il exprime ce vœu se termine par l’un de ces traits qui nous font regretter plus vivement encore que Martial ait presque toujours souillé un talent assez délicat pour surprendre et reproduire les notes les plus tendres et les plus exquises de l’âme humaine. Traduisons encore ce poëme funéraire :

« Ici repose Érotion, ombre prématurément enlevée dans son sixième hiver par un crime du destin. Qui que tu sois, qui, après moi, seras maître de ce champ, offre annuellement à ces petits Mänes de

justes sacrifices. Ta maison étant ainsi perpétuée et ainsi préservée du trouble, puisse dans ton domaine cette pierre être la seule qui fasse pleurer? ! »

Ces fleurs sur lesquelles le poëte gémissait lorsque la mort les avait fauchées, ces fleurs étaient cultivées avec sollicitude. Aux temps primitifs, nous

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