LA FILLE DE FUNDANUS
Romains se trompaient ici. Ce sont précisément les connaissances superficielles qui, pour la femme surtout, sont dangereuses, car elles ne font qu'éveiller son, imagination sans affermir son âme. Un enseignement solide est au contraire une arme défensive. contre les passions.
. Lorsqu'une instruction sagement réglée s’alliait aux vertus et aux grâces d’une adolescente, il résultait de ce mélange un type que Pline le Jeune nous a fait connaître en dépeignant une fille de son ami, le savant Fundanus, ce proconsul d'Afrique dont nous citions plus haut la paternelle douleur‘.
« La plus jeune fille de notre Fundanus est morte. Je n’ai jamais rien vu de plus enjoué, de plus aimable que cette jeune fille, ni rien de plus digne, non-. seulement d’une plus longue vie, mais presque de limmortalité. Elle n’avait pas encore accompli quatorze années, et déjà elle avait la prudence d’une vieille femme, la gravité d’une matrone, et cependant la douceur de la jeune fille avec la pudeur virginale. Comme elle avait hérité des facultés de son père! Avec quelle tendresse et quelle modestie elle nous choyait, nous, les amis de son père! Comme elle aimait ses nourrices, ses pédagogues, ses précepteurs et toute personne attachée à son service ! Avec quelle application et quelle intelligence elle