‹ La femme romaineChapitre 15 sur 313 · LE FEU SACRÉ APRÈS L’INVASION · texte numérisé non relu

LE FEU SACRÉ APRÈS L’INVASION

C’est dans leur cité en ruines que les Vestales rapportent leur précieux dépôt. Mais là où brûle encore le feu sacré, la patrie peut ressusciter. Aussi Camille combattra-t-il avec ardeur le pro) et d'abandonner Rome pour Véies. Déjà, avant même l'invasion gauloise, alors que le peuple souriait à la proposition de transporter à Véies la moitié des Romains, les patriciens, animés par Camille, avaient montré aux plébéiens tout ce qui devait les retenir à Rome, et au premier rang, le Capitole et le temple de Vesta! C’est encore le souvenir du foyer national qu'éveille Camille lorsque, au milieu des ruines de Rome, il adresse ces paroles à ses concitoyens : « Que dirai-je des feux éternels de Vesta, et du signe qui, gage de l'empire, est tenu sous la garde

de son temple? Pour les Vestales, certes, unique

est ce séjour, d’où rien jamais, excepté la prise de la ville, n’a pu les éloigner... Et tes Vestales t’abandonneraient, Vesta ‘?... » Puis, en terminant son pathétique discours, le grand citoyen ajoutait : « Ici sont les feux de Vesta ?!»

ncendiis procul auferre : nec ante deseri cultum eorum, quam non superessent, qui colerent. Le Flamine et les prêtresses Vestales emportèrent loin du carnage et des incendies les objets du culte public; les honneurs rendus à ceux-ci ne devaient point leur manquer avant que ne fussent morts ceux qui les révéraient. Tite-Live, v, 39.

1. Quid de æternis Vestæ ignibus sisgnoque, quod imperii pignus custodia ejus templi tenetur,loquar? etc. Tite-Live, v, 52.

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