‹ La femme romaineChapitre 150 sur 313 · HORACE CONDUISANT LES CHOBURS DES VIERGES · texte numérisé non relu

HORACE CONDUISANT LES CHOBURS DES VIERGES

. Pour trouver Horace digne d'exercer ce sacerdoce auprès des jeunes filles, nous devons oublier que trop souvent il a célébré les jouissances égoïstes de la vie terrestre, et nous ne devons nous rappeler que ce bon sens pratique dont il a formulé les règles, ce bon sens qui nous enseigne à nous contenter de notre sort, à fuir les grandeurs, à trouver la paix de l'âme dans une condition médiocre ; à garder dans le malheur, l'espoir ; dans la prospérité, la prudence. Nous devons encore laisser ici dans l'ombre le soldat qui s’est vanté d’avoir jeté son bouclier pendant le combat, et nous ne devons penser qu’au patriote qui a gémi sur les discordes de ses concitoyens et qui a su dire : « Il est doux et beau de mourir pour la patrie.» Des deux poëtes qu’il y avait en Horace, un seul était digne de faire entendre aux vierges romaines « des accents nouveaux ». Tes

Comme Alcman, Horace se plaisait à conduire luimême les chœurs de ses élèves :

« Vierges d'élite, jeunes garcons nés de pères illustres, vous que protége la déesse de Délos dont l'arc arrête le lynx et les cerfs en fuite, observez le rhythme de Lesbos frappé par mes doigts, lorsque, selon les rites, vous chanterez le fils de Latone, et, selon les rites, l’astre croissant qui, de son flambeau, luit pendant la nuit, propice aux moissons, et, ra-

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