‹ La femme romaineChapitre 161 sur 313 · LA JEUNE FILLE ET LE POETE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE ET LE POETE

d’une poésie sensuelle. C’est ainsi qu'il appelle à son aide Sappho, Anacréon, Properce, Tibulle. Quant à Térence qui a peint l’amour avec une délicatesse de touche bien opposée à la grossièreté de Plaute, Ovide ne désigne en lui que le poëte qui, dans l'une de ses comédies, a enseigné l’art de tromper un père. Si Ovide n’avait pris soin de nous faire connaitre le motif de ce dernier choix, nous pourrions nous étonner qu'il n’eût pas plutôt rangé Plaute parmi ses alliés. Nous nous étonnerions encore à plus juste titre de voir Ovide recommander surtout à la jeune Romaine la lecture de l’Énéide, cette œuvre du chaste Virgile; mais Ovide avait sans doute pris en considération les pages, cependant si voilées, où le cygne de Mantoue chante la malheureuse passion de la souveraine carthaginoise.

C’est encore pour ajouter aux séductions de la femme qu'Ovide souhaite que son élève sache faire résonner la cithare et le psaltérion. Il l’engage aussi à cultiver le chant, et, toujours fidèle à ses perverses leçons, 1l lui indique, outre les airs qu’elle a appris au théâtre, ces chansons égyptiennes qu'accompagnaient des mouvements désordonnés ‘. Alors, en effet, la danse pouvait s’allier à la récitation des vers. C'était une espèce de pantomime. Énumérant les talents de sa belle-fille, Stace nous apprend

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