LE SEUL FREIN DU LUXE
et l'étrange apparition de la femme dans la vie publique, et les entrainements d’un luxe qui triomphe même de la vertu; avec Valérius nous trouvons que c'est à la famille, non à l'État, qu’il appartient de prévenir ces abus. Toutefois ce n’est pas seulement, comme le pense le trop indulgent tribun, ce n’est pas seulement, disons-nous, au bon plaisir du chef de la famille, que nous reconnaissons cette influence, c'est aussi, c’est surtout aux sages préceptes et aux bons exemples d’un père et d’une mère. Ce sont les mœurs qu'il faut corriger ici. Quand la femme ne trouve pas dans sa propre raison le frein qui doit modérer ses goûts, les lois somptuaires sont impuissantes, et, comme la loi Oppia, d’une durée éphémère. Il faut donc qu’une sage éducation forme dans la fémme, non un automate qui se pare mécaniquement, mais une âme qui se sente vivre. Alors la femme ne considérera plus que comme un détail secondaire les soins qu’elle donnera à sa parure corporelle. Riche, elle saura régler le nombre et l'élégance de ses toilettes d’après sa fortune, et aussi d’après la simplicité de ses goûts. Pauvre, elle se contentera des vêétements qui conviennent à sa modeste situation. En parlant ailleurs des premières chrétiennes, nous verrons aussi quelles armes l'Évangile donnera à la femme pour lui faire repousser le démon du luxe. Mais les enseignements domestiques qui seuls, au siècle de Caton, auraient pu combattre un tel ennemi,
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ces enseignements étaient devenus rares; et ce que la loi n'avait pu opérer, la famille ne semble pas avoir souvent tenté de le faire.
.Répétons-le : l’un des symptômes les plus alarmants qu'offrit l’abrogation de la loi Oppia, ce fut l’irruption des femmes aux abords de la place publique. Les Romaines devaient aller plus loin encore dans cette voie funeste de l'émancipation féminine. Le Forum même était destiné à entendre des femmes plaider leur cause. Deux d’entre elles, Amaësia Sentia et Hortensia, ne le firent du moins que d’une manière accidentelle, et ne soulevèrent même d’autre sentiment que l’admiration de leurs concitoyens pourleur parole virile. Mais Afrania, la compagne d’un sénateur, Afrania, plaideuse infatigable, ne se distingua que par des cris que Valère-Maxime compare à des aboiements; et cette étrange créature s’attira un tel mépris que son nom devint l’une des plus sanglantes injures qu'une femme pût recevoir. Afrania vécut jusqu'au temps de Jules César, et Valère-Maxime qui précise la date de sa mort (48 ans avant J.-C.), Valère Maxime trouve que lorsqu'il s’agit d’un pareil monstre, l’histoire doit plutôt enregistrer la mémoire de sa destruction que celle de sa naissance *.
L’impudence avec laquelle Afrania abusa du droit d’agir en justice, pour le compte d’autrui, fit retirer