‹ La femme romaineChapitre 213 sur 313 · ORAISON FUNÈBRE D'UNE ÉPOUSE · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE D'UNE ÉPOUSE

LA

qui, malgré de regrettables lacunes, nous offre tout un roman, tout un poëme t.

Un Romain rappelle, en termes émus, les titres qu'avait à sa gratitude la compagne qu'il vient de perdre. Proscrit par les seconds triumvirs, il dut s'éloigner de sa patrie; mais sa femme veillait sur lui. À l'heure des pressants périls, elle fut 1a conseillère écoutée dont les avis contribuërent à sauver son mari. Elle avait voulu obtenir d’une manière plus prompte ce dernier résultat : elle s'était prosternée aux pieds de Lépide pour demander la grâce de l’exilé; mais le cruel triumvir, loin de la relever, l'avait repoussée avec brutalité. Violemment entraînée loin de cet homme sanguinaire, elle avait porté sur son corps la trace des meurtrissures qui lui avaient été faites, et dont le souvenir accablait encore de douleur et d’indignation l’époux qui, sur sa tombe, se rappelait, avec cette pénible scène, le dévouement de la noble femme.

Enfin réunis à leur foyer dans leur patrie pacifiée, les époux auraient pu vivre heureux; mais il leur manquait un enfant! L’épouse souffrait à la pensée qu’elle ne donnerait pas à son mari les joies paternelles qu'il rêvait ardemment. Alors cette femme

1. Le texte épigraphique très-mutilé, que nous analysons cidessus, se trouve dans l'ouvrage précité de M. Egger, Latini sermonis vetustioris reliquiæ selectæ. Noir : Laudatio conjugis a marito seripta. (Après l’an de Rome 726; av. J.-C. 27.)

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