‹ La femme romaineChapitre 215 sur 313 · ORAISON FUNÈBRE D’UNE ÉPOUSE · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE D’UNE ÉPOUSE

Et maintenant l'époux est brisé de douleur devant la tombe où est descendue sa libératrice, sa bienfaitrice. Et nous, nous nous demandons si la généreuse femme n’était pas morte de son dévouement même ; et si son cœur n'avait pas été trop déchiré pour qu’il pût battre longtemps? Nous voudrions aussi savoir si, avant de fermer les yeux, l’ancienne épouse du proserit avait vu s’accomplir le nouvel hymen auquel elle l'avait exhorté: Les fragments mutilés que nous avons sous les yeux nous permettent de croire qu'il hésitait encore à remplir jusqu’au bout le vœu de son amie. Pourtant il souhaitait qu'après lui les enfants qu'il aurait laissés vinssent offrir leurs hommages aux dieux mânes de son ancienne compagne ; et qu’en lui donnant ainsi le repos de l’éternité, ils fussent protégés par elle.

Nous déplorons que le besoin d’une postérité ait provoqué ici une nouvelle application de ce divorce que la loi divine du Sinaï avait, il est vrai, toléré pour ménager encore la faiblesse humaine, mais que la loi du Christ devait interdire à l’homme perfec-

tionné par l'Évangile. Cette réserve faite, nous ne

pouvons qu'admirer cette Romaine qui profita d’une coutume de son époque pour s’immoler avec un élan sublime. |

En présence de ces épitaphes, de ces oraisons funèbres, comment ne pas nous rappeler ces beaux vers que Properce met sur les lèvres d’une

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