‹ La femme romaineChapitre 216 sur 313 · VEUFS INCONSOLABLES · texte numérisé non relu

VEUFS INCONSOLABLES

patricienne morte avant l’heure : « La dernière récompense qui cConvienne au triomphe d’une femme est la libre louange qui glorifie son bûcher éteint !! »

Ce n’est pas seulement la pierre des tombeaux qui nous parle de la douleur que la perte d’une épouse apportait quelquefois à l’homme. Stace nous montre Abascantius pleurant encore, après deux années de veuvage, la noble Priscille, la matrone qui réalisait le type de l’ancienne Romaine, la compagne dévouée qui le soutenait au milieu des soucis d’une haute position, et qui restait néanmoins fidèle aux modestes occupations de la ménagère. Il la vit mourir dans ses bras; et pendant qu’il recueillait le dernier soupir de la femme aimée, celle-ci appuyait sur ses yeux la main de l'époux, comme si elle eût voulu sentir du moins le doux contact de l’ami que ne pouvait plus distinguer son regard voilé par les ombres de la mort.

Comme le roi indien dont nous contions ailleurs la poétique histoire, Abascantius voulut se tuer; mais lui aussi, il fut arrêté par le sentiment du devoir.

Il put conduire le deuil de sa femme. Portée sur un lit de parade, Priscille dormait sous la pourpre

1, Hæc est feminei merces extrema triumphi, Laudat ubi emeritum libera fama rogum,

PROPERCE, IV, x1, 71, 72.

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