‹ La femme romaineChapitre 231 sur 313 · RARETÉ DES POÉTESSES ET DES ARTISTES ROMAINES · texte numérisé non relu

RARETÉ DES POÉTESSES ET DES ARTISTES ROMAINES

par l’imitation des modèles grecs : or la femme est plus souvent entraînée aux œuvres intellectuelles par l’imagination que par l'étude; et l'imagination de la Romaine n’était pas naturellement inspirée.

Mais là toutefois ne fut pas le principal motif qui éloigna la femme romaine du champ des lettres et des arts. Les quelques familles qui gardaient le vieil esprit romain ne devaient pas se plaire à voir leurs filles attirer sur elles l'attention publique. Quant aux femmes qui avaient été élevées au milieu des idées nouvelles et initiées aux arts de la Grèce, la plupart d’entre elles n'avaient dû recevoir qu'une instruction superficielle qui ne les prémunissait pas contre les envahissements du luxe et les entraînements d’une vie frivole et souvent coupable. Le plaisir était leur unique occupation. Quelques-unes de ces femmes légères eurent, il est vrai, le goût de la poésie; mais nous verrons bientôt de quelle nature fut alors leur influence littéraire.

Les Romaines qui, tout en se distinguant par leurs talents, furent aussi de dignes matrones, doivent donc être cherchées dans les rares maisons où la pratique des anciennes vertus n'excluait pas ce que les progrès de la civilisation avaient de meilleur.

Au sujet des poétesses, nous remarquerons toutefois que, de même que l’ancienne matrone n'agissait sur les affaires de l’État que par son influence domestique, de même aussi la muse féminine n’appa-

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