‹ La femme romaineChapitre 233 sur 313 · LESBIE, CYNTHIE, CORINNE, DÉLIE · texte numérisé non relu

LESBIE, CYNTHIE, CORINNE, DÉLIE

Polla demeura fidèle au souvenir de son mari. Ce fut à sa prière que Stace chanta le jour natal de Lucain ; et ce fut probablement aussi pour lui complaire que Martial écrivit de petits poëmes sur le même sujet ‘.

Quelle que puisse être la sévérité de la critique pour la Pharsale, ce monument littéraire que déparent souvent la fausseté du jugement et du goût, la déclamation et l’emphase de la forme : cependant les nobles pensées que contient aussi cette œuvre tant discutée ne nous font pas regretter qu'une main féminine y ait travaillé. Ce labeur n’était pas indigne d’une chaste matrone au style élégant et grave. Polla dont Martial redoutait à bon droit la sévérité pour la licence de ses vers, Polla à qui il donnait le titre majestueux de reine?, Polla n’eût sans doute pas voulu apporter à de voluptueux poëmes le concours de son talent. Certaines autres conseillères des poëtes latins, la Lesbie de Catulle, la Cynthie de Properce, cette brillante Cynthie qui, toutefois, poëte ellemême, eut la gloire d’être consultée non-seulement par Horace et par Properce,mais encore par Le chaste Virgile ; la Corinne d'Ovide et la Délie de Tibulle, ne durent, en général, dicter à leurs adorateurs que les chants de l’amour païen * ; mais aussi ces femmes,

1. Stace, Silves, IT, préf. et vu; Martial, Épig., VIE, xx1-XxX1.

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