‹ La femme romaineChapitre 243 sur 313 · FEMMES COMPLICES DE CATILINA · texte numérisé non relu

FEMMES COMPLICES DE CATILINA

L'union formée sous de tels auspices fut heureuse. Nous avons dit ailleurs qu’un Romain donna sa vie pour sauver celle de sa jeune femme ! : ce Romain était Tibérius ; cette femme était Cornélie.

Si la mère des Gracques nous a ramenée aux temps intiques, Sempronia et ses dignes compagnes vont nous rappeler que nous sommes loin de l’époque où l'amour du foyer et un généreux patriotisme remplissaient l’âme de la matrone. Ces femmes figurent parmi les complices de Catilina. Dans cette conjuration où étaient entrés les plus pervertis des Romains, se trouvaient aussi de ces matrones qui avaient vendu leur honneur pour alimenter leur luxe. En perdant les charmes auxquels elles avaient dû la satisfaction de leurs goûts ruineux, elles avaient gardé la soif du luxe, cette soif qui n’avait plus, pour s’éetancher, la ressource d’une eau fangeuse. Le vol devenait dès lors leur suprême expédient. Ces matrones étaient donc les dignes associées de Catilina. Elles avaient encore des esclaves, elles avaient encore leurs maris; elles pouvaient entraîner ceux-ci dans la conjuration, et pousser ceux-là à l’incendie de Rome.

Sempronia était l’une de ces femmes. Elle avait reçu en partage la beauté, l'intelligence, la grâce enjouée et caressante. Elle connaissait les lettres

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