‹ La femme romaineChapitre 248 sur 313 · Plutarque, Pompée · texte numérisé non relu

Plutarque, Pompée

femme de pleurer sa défaite alors que sa vie est sauve, invite Cornélie à s’illustrer par son dévouement à un époux malheureux : « Aime-moi, parce que je suis vaincu !. »

Cornélie s’embarqua avec son mari et le suivit à la recherche d’un lieu d’exil. Mais cet exil, où le trouver? Aussi loin que s’étendait la domination de Rome, aussi loin s’étendait la main de César. Pompée eut la pensée de se réfugier au milieu des Parthes ; mais l’on dit qu'il fut détourné de ce projet par la crainté des périls que l'honneur de Cornélie pouvait courir chez ce peuple. L'Égypte fut choisie, l'Égypte où la trahison attendait le grand Pompée. Le noble banni n’était pas encore descendu de son vaisseau dans la barque que lui avait envoyée le gouvernement de Ptolémée, et déjà il avait pressenti qu’on le conduisait à la mort. Mais il ne pouvait plus reculer. Il embrassa:sa femme; et celle-ci, sentant

qu’elle recevait le suprême baiser d’un mourant, ré-

pandait déja des larmes de veuve.

Cornélie, demeurant sur le vaisseau, contemplait avec anxiété la barque qui allait aborder au rivage. Un instant, son inquiétude se calma. La femme de Pompée vit les officiers du roi qui s’approchaient de la mer comme pour rendre les honneurs dus à l'illus-

da MR AI Dar NN CR ANSUITI Quod sum victus, ama. ET Pharsale, vur, 71, 78.

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