LA CORNÉLIE DE LUCAIN
tre Romain. Cornélie regardait toujours. Soudain elle vit tomber son mari : Pompée était assassiné.
Les cris qui s’élevèrent du vaisseau monté par Cornélie, et des deux galères qui s’y étaient jointes, ces cris furent si terribles qu’ils parvinrent jusqu’au rivage. Les vaisseaux s’éloignérent. S
César punit la perfidie des misérables qui avaient cru lui plaire en tuant son rival. Les cendres de Pompée furent rendues à sa veuve; et Cornélie, les portant à Albe, les déposa dans un tombeau !.
Nous avons suivi ici l’'admirable récit de Plutarque. La physionomie de Cornélie s’en détache avec une touchante expression de tendresse et de douleur. |
Bien que, dans une épopée antérieure à l’œuvre historique de Plutarque, Lucain ait parfois déparé Cornélie en lui prêtant un langage ou trop prétentieux, ou trop bas, il a su lui donner souvent aussi une attitude et des sentiments dignes d'elle. Le dévouement que l’héroïne de la Pharsale témoigne à son époux, et qui lui fait désirer de suivre le général jusque sur les champs de bataille, jusque sur la barque égyptienne, ce dévouement appartient vraiment à la femme si aimante que Plutarque a dépeinte. Ce que l’histoire ne nous dit pas, mais ce que tout cœur de femme peut deviner, c’est-à-dire les impressions