‹ La femme romaineChapitre 251 sur 313 · LA CORNÉLIE DE CORNEILLE · texte numérisé non relu

LA CORNÉLIE DE CORNEILLE

les cendres de son mari, elle a dompté sa douleur : c'est moins une épouse qu’une Romaine de grande race qui veut, en vengeant la mort de son mari, rendre à sa patrie la liberté :

Veuve de Pompée, Fille de Scipion, et, pour dire encore plus, Romaine, mon courage est encore au-dessus.

Je te l’ai déjà dit, César, je suis Romaine, Et quoique ta captive, un cœur comme le mien, De peur de s’oublier, ne te demande rien.

Ordonne; et, sans vouloir qu’il tremble, ou s’humilie, Souviens-toi seulement que je suis Cornéliet,

* L'héroïne du tragique français garde à César deux

sentiments : elle lui est reconnaissante d’avoir chàtié les meurtriers de son époux; mais elle n'oublie pas que César a vaincu Pompée et causé indirectement la mort du héros. Cependant elle ne prépare pas sa vengeance dans l'ombre. Loin de là. Lorsque des embûches menacent César à la cour de Ptolémée, c'est elle qui vient lui dire :

..... César, prends garde à ‘toi.

Si je veux ton trépas, c’est en juste ennemie :

Mon époux a des fils; il aura des neveux :

Quand ils te combattront, c’est là que je le veux,

Et qu’une digne main par moi-même animée,

Dans ton champ de bataille, aux yeux de ton armée, T'immole noblement et par un digne effort

Aux mânes du héros dont tu venges la mort.

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