LA MÈRE DE MARCELLUS
par le lien de leurs affections ; et si ce lien se brise et qu'une foi supérieure ne les élève pas vers le ciel, elles retombent lourdement sur cette terre de larmes. Tel fut le destin d'Octavie, cette malheureuse mére à quile paganisme ne pouvait offrir aucune consolation digne de son grand cœur. Son désespoir fut terrible et sans fin. Elle, la douce et tendre femme, elle haïssait toutes les mères. Nulle main ne put sécher ses pleurs: Ses autres enfants n'étaient plus rien pour elle; la sœur d’Auguste ne regardait plus son frère. Elle ne voulait pas être consolée, jugeant, dit Sénèque, qu'en renonçant aux larmes elle eût perdu son fils pour la seconde fois !, « Un bruit a été entendu dans Rama, des pleurs et des cris lamentables : c'est Rachel pleurant ses fils, et qui n’a pas voulu être consolée parce qu’ils ne sont plus ?. » Mais ce cri de détresse qui, chez la fille d'Israël, était le premier élan d’une douleur que pouvaient calmer de célestes espérances, ce cri de détresse fut la note qui résonna à jamais dans le cœur d'Octavie.
Fuyant l'éclat de la gloire impériale, cette femme vêtue de deuil ne recherchait que la solitude. Elle n'avait même pas la force de recourir à ce qui, pour tant de mères, est une consolation douce et cruelle