‹ La femme romaineChapitre 265 sur 313 · LA MÈRE DE MARCELLUS · texte numérisé non relu

LA MÈRE DE MARCELLUS

à la fois : entendre parler de son fils, en posséder au moins l’image. Elle repoussa les tributs que l’art etla poésie offraient à son désespoir maternel !. Ce serait là un argument de plus contre une légende qu'infirment aussi les témoignages de la critique ?, et que nous n'avons cependant pas le courage d’exclure de ce récit, tant elle est poétique et populaire.

Le chantre immortel de l'Ænéide, l'interprète du vieil Anchise qui prophétisait les destinées de sa race, Virgile disait devant Auguste et Octavie la piété d’un jeune prince, sa fidélité, sa bravoure, et il ajoutait : En

«Hélas! déplorable enfant! si tu peux rompre le cours des âpres destinées, tu seras Marcellus. Jetez des lis à pleines mains... * » |

Octavie s’était évanouie sur les genoux de l’empereur, et Auguste pleurait. Longtemps la mère de Marcellus demeura sans connaissance ; lorsqu'elle revint à la vie, elle fit compter au poëte dix sesterces pour chacun des trente-deux vers que contenait l'épisode de Marcellus.

Légendaire ou historique, c'est sur cette dernière apparition d'Octavie que nous quitterons la femme

Page 1