‹ La femme romaineChapitre 267 sur 313 · Suétone, Tibère, vi · texte numérisé non relu

Suétone, Tibère, vi

- Voir Tacite, Ann., v, 1.

. Ovide, Fastes, V1, 637, 638.

. Suétone, Octave Auguste, LxIL.

Id, 24, /LxxT.

. Voir la page précédente.

I D SX & ww

dit Tacite qui confirme par ce mot le témoignage de Suétone. Peu importait à l'impératrice que l’empereur la trahit, pourvu qu'il se laissât toujours gouverner par elle.

Peut-être était-ce à son insu qu'Auguste subissait l’ascendant de sa femme. Du moins il paraissait vouloir se défendre contre cette influence. Lorsqu'il allait entretenir Livie de sujets graves, il observait, même à son égard, la règle qu'il suivait dans les affaires sérieuses : il écrivait ce qu'il avait à dire, tant il craignait d’être ou trop peu précis ou trop explicite !. Nous ne pensons pas que Livie eût besoin pour elle-même d'une semblable prévoyance : c'est que la dissimulation était l'essence même de son caractère, cette dissimulation qui n’était pas naturelle à Auguste et dont il se servait comme d’une arme d'État. Livie, elle, ne devait jamais craindre de se laisser trahir par la parole. En revanche, elle : devait facilement scruter la pensée d'autrui : de tout temps ce talent de pénétration a appartenu aux personnes qui défient elles-mêmes le regard de l’observateur. Aussi pensons-nous que l’habileté de l’impératrice déjoua souvent les prudentes précautions du Souverain : les annales romaines ne le prouvent que trop. cnrs

Pendant cinquante années, Livie domina l’homme

Page 1