‹ La femme romaineChapitre 269 sur 313 · Tacite, Ann., in, 64; Ovide, Fastes, 1 et vi · texte numérisé non relu

Tacite, Ann., in, 64; Ovide, Fastes, 1 et vi

invoqua sa puissance, il adora son image ! ; mais la souveraine et la déesse demeurèrent sourdes à l'appel du proscritet dédaignèrent ses hommages adulateurs. Longtemps avant son exil, Ovide avait voulu consoler Livie qui venait de perdre l’un de ses fils, celuilà même qu'elle avait donné à son premier époux dans la demeure du-second : le noble et sympathique Drusus avait succombé en Germanie. Ovide peignit en traits émouvants le désespoir de l’impératrice ; il montra Livie refusant toute nourriture, Auguste et Tibère la suppliant de ne pas se donner ainsi la mort et la sauvant par leur tendresse ?. C’est une vraie mére qu'Ovide fait apparaître ici; mais ce n’est pas Livie. A cette version toute poétique, nous préférons le récit de Sénèque, récit assurément moins touchant, mais qui est plus conforme au caractère de l’impératrice. Sénèque loue la force d'âme avec laquelle la mère de Drusus endura son malheur ; le stoïcien admire ce courage qu'il oppose au désespoir qui accabla la mère de Marcellus *. Mais le calme de Livie n’était-il pas plutôt l’impassibilité d’une âme égoïste? Maîtriser une immense douleur, c’est beau, c'est grand, trop beau et trop grand même pour les forces humaines si la grâce divine ne supplée pas à notre faiblesse. Mais quel mérite peut-il y avoir à

1, Ovide, Consolation à Livie; Pontiques, I, vim; IV, 1x, x. 2. Id., Consolation à Livie.

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