‹ La femme romaineChapitre 276 sur 313 · Tacite, Ann.; v · texte numérisé non relu

Tacite, Ann.; v

Avant le départ de son fils pour Caprée, l'impératrice était tombée gravement malade, et les chevaliers romains avaient voué, pour le rétablissement de sa santé, une offrande à la Fortune Équestre ‘. Malgré son grand âge, elle s'était rétablie. Elle ne résista pas à une seconde attaque de la maladie. Tibère ne daigna pas venir voir la mourante. Il se fit si longtemps attendre pour les funérailles de l’impératrice, que la corruption du cadavre ne permit pas que celui-ci fût brûlé. Les obsèques furent simples.

Ne redoutant plus la femme qui l'avait courbe sous le joug, Tibère ne craignit plus de résister à sa volonté : il laissa sans effet le testament de cette impératrice qui avait tenu entre ses mains les destinées du monde. Vivante, Augusta disposait des emplois. Morte, ses protégés sont persécutés. Vivante, Augusta avait, comme Tibère, un temple en Asie; des médailles, frappées en son honneur, l’assimilaient à des déesses : elle y était nommée la Justice, la Piété, le Salut, Junon-même ?; Ovide l’appelait la Vesta des chastes matrones. Morte, son fils lui refuse l’apothéose que lui décerne le Sénat et qui ne lui sera accordée que par l’empereur Claude, son petitfist

À. Tacite, Ann., in, 71.

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