Suétone, Octave Auguste, LXIV,: LXXUI
intelligence était cultivée. Les journaux mention-
nant ses actes quotidiens, toute parole ou toute
action qui n'aurait pu être publiée hautement lui était interdite. Un jour que Julie était à Baïes, un jeune patricien de mœurs sévères s’approcha d'elle pour saluer la fille de l’empereur. Auguste l’apprit ; et le prince écrivit à ce Romain pour lui reprocher d’avoir manqué aux convenances !.
Un esprit noblement occupé, des mains laborieuses, une direction austère, n’étaient-ce pas là de sûrs préservatifs contre le vice ? Mais Julie avait le sang des Césars, l'exemple paternel, le souvenir de sa mère Scribonie, épouse adultère; elle avait enfin un titre qui l’enivrait d’orgueil : elle était la fille de l’empereur; et, par ses mariages, elle apporta successivement à Marcellus, à Agrippa, à Tibère, l’heritage de la dignité impériale. Les traditions de sa race, ses propres passions, le vertige du rang Suprème, firent d'elle la première courtisane de Rome, à une époque où Messaline n’était pas encore née.
Toutes les mesures qu'a prises Auguste pour l'éducation de sa fille ont un résultat contraire à celui que l’empereur a voulu obtenir.
Élevée simplement, Julie réagit contre cette modestie paternelle qui lui semble incompatible avec la majesté souveraine; elle effraye Auguste par son