‹ La femme romaineChapitre 279 sur 313 · Suétone, Octave Auguste, Lxiv · texte numérisé non relu

Suétone, Octave Auguste, Lxiv

LA FILLE D’'AUGUSTE k37

luxe. L'instruction qui lui a été donnée a aiguisé sonesprit; mais cette subtilité intellectuelle lui dicte les paroles et les actes qui compromettent le plus gravement la dignité de son rang et la pudeur de son sexe. La chaste éducation qu'elle à reçue n’a fait que la contraindre, sans la dompter ; et la femme d'Agrippa, la femme de Tibère, rejette sans aucun ménagement, sans aucune réserve, le joug qui a été imposé à la fille d'Auguste. L’effronterie de sa conduite en égale l'horreur. Est-il nécessaire de rappeler que, le lendemain même du jour où Auguste avait proclamé dans la tribune du Forum les lois qui chàtiaient l’adultère, Julie osa choisir cette même tri- bune pour y recevoir ses favoris? Ne nous arrêtons pas à de tels spectacles.

L'empereur fut le dernier à apprendre ce que Rome tout entière savait de sa fille, Il ne la voyait que telle qu’elle nous apparaît.dans la célèbre statue du Louvre ; unissant aux séductions de la beauté, la coquetterie de l’ajustement, la grâce élégante du geste, la finesse et l’enjouement de la physionomie; séduisante enfin comme cette Vénus Aphrodite dont une monnaie de Smyrne lui donne le nom !. Auguste ne la croyait que trop recherchée dans sa parure, trop accessible aux gais propos des jeunes Romains; mais il ignorait ce qu’elle avait fait du nom des Césars.

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