Tacile, Ann., 1i
td, 104402 11, 15, 19:
et le rivage de Brindes, et se répand sur les murs, sur les toits et les lieux élevés. Cette multitude attache son regard sur une flotte qui s’entrevoit dans le lointain. Lentement la flotte s’avance dans le morne appareil du deuil; enfin elle entre dans le port. Agrippine descend du navire, portant l’urne sépulcrale de Germanicus, et abaissant ce fier regard où ne brillera plus la flamme d’un heureux et chaste amour. Deux des enfants d'Agrippine se tiennent auprès d'elle. À la vue de la veuve et des orphelins, à la vue de cette urne où est déposé ce qui reste du héros que Rome idolâtrait, un cri de douleur s'échappe de toutes les poitrines et se confond ‘en une immense clameur.
Jusqu'à Rome, la pompe funèbre n’est qu'une marche triomphale. Les cendres de Germanicus sont déposées au Champ de Mars, tout illuminé de flambeaux. Les soldats y sont sous les armes; les tribus du peuple y sont âssemblées. Oubliant ou dédaignant le pouvoir du sombre empereur, citoyens et soldats pleurent la mort de Rome en même temps que la mort de Germanicus. Tous leurs respects, toutes leurs adorations, sont pour la veuve du héros ‘. Ils la nomment «l'honneur de la patrie, le seul sang d'Auguste, l’unique modele de l'antiquité ? ». Les