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mains tendues vers le ciel, ils appellent sur la jeune femme les bénédictions d'en haut : ils supplient les dieux de la garder saine et sauve, et de permettre qu'elle survive aux hommes d’iniquité.
Non plus que Livié, Tibère, répétons-le ici, ne paraît aux funérailles de Germanicus; mais la grande voix du peuple monte jusqu’à lui; et l'enthousiasme excité par Agrippine alimente la haine qui couve dans le cœur du souverain.
Le peuple demeura fidèle au culte qu'il avait voué à notre héroïne. Et quand la protection que Livie accordait à Plancine remplit d'une sourde indignation les vrais Romains, ceux-ci redoutèrent qu'Agrippine et ses enfants ne devinssent aussi victimes de la
haine qui avait frappé Germanicus.
Un semblable pressentiment n'était que trop fondé. Ce ne fut d’abord que dans l'ombre que se trama la perte de cette famille. Séjan, le digne favori de Tibère et l’ancien ennemi d’Agrippine, continuait d'aigrir les vieilles rancunes de l’empereur et d'Augusta. Le poison n’était plus une arme sûre alors qu'il s'agissait de faire disparaître une famille entière : un châtiment public pouvait seul délivrer Ti- . bère de sa nièce ét de ses petits-neveux; mais il fallait qu'Agrippine s’exposât d'elle-même à ce chàtiment, il fallait que ses fils fussent assez grands pour être légalement accusés. Tibère était patient : il attendit. Mais il ne négligea aucun moyen pour ame-
ner la veuve de Germanicus à se compromettre par un éclat. L'impétueuse nature d'Agrippine rendait facile l'exécution de ce plan infernal. Séjan servit dignement son maître. Si, d’un côte, il représentait à l'empereur que le parti d’'Agrippine deyenait me-
naçant; d'un autre côté, les affidés du, favori entou-.
raient la crédule princesse et l’excitaient contre Tibère !. rar | D'abord l’on atteignit la veuve dans ses affections. Après que Sosia Galla, son amie, a été condamnée, Claudia, sa cousine, est accusée. À ce dernier outrage Agrippine ne peut maitriser son indignation. Elle accourt chez l’empereur, et le trouve sacrifiant
à Auguste. Superbe de courroux et. de dédain, la...
princesse s’écrie que ce n’est pas à celui qui outrage la postérité d'Auguste qu’il appartient d'offrir des sacrifices à sa divinité, et que l’âme d’Auguste vit, non
dans de muettes images, mais en elle, en elle. la pe-.
tite-fille de l’empereur. Elle ajoute qu'elle ne se mé-
prend pas sur la cause des persécutions que souffrent.
ses amis : c’est elle que l’on a frappée dans Sosia Galla et dans Claudia. À HET Devant cette explosion de colère et de mépris,.le masque de dissimulation qui rendait Tibère impénetrable, ce masque faillit lui échapper. Tibère parla, ce qui était rare, dit Tacite. Saisissant le bras de la