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princesse, et faisant allusion à un vers grec : « Situ ne règnes pas, ma chère fille, dit-il, tu te crois donc persécutée ! ?»
Dans cette lutte, Agrippine sent qu’elle ne combat pas à force égale, puisque, quelle que soit son éner-gie, elle ne peut opposer à la ruse et à la perfidie de ses adversaires que la loyauté de sa conduite, mais aussi la passion de son caractère. Pour le triomphe de sa cause et pour le salut de ses enfants, elle est disposée à sacrifier, s’il le faut, le souvenir du grand amour qui a rempli sa vie : elle exprime à l’empereur le désir de se remarier. Elle n’allègue que la tristesse et la solitude de son veuvage; mais Tibère la comprend et il se tait ?.
Cependant Agcrippine continue de paraître aux festins de la cour. Mais les affidés de Séjan la préviennent que Tibère veut l’empoisonner. À un repas qui suit cette révélation, Agrippine, muette, les yeux
“baissés, ne touche à aucun mets : la veuve de Germanicus à vu l’horrible agonie de son mari! L'empereur observe la princesse ; il lui présente un fruit dont il lui a vante la saveur; Agrippine le reçoit et le tend aux esclaves qui la servent. Alors Tibère se tournant vers Augusta : « Il ne serait pas étonnant, dit l’empereur, qu’il fût ordonné quelque chose de sévère
1. Si non dominaris, inquit, filiola, injuriam te accipere exis-
timas ? Suétone, libère, Lur ; comp. Tacite, Ann., 1v, 52. 2: Tacite; Ann., 1v, 53.
contre celle qui. me soupçonne d’être un empoisonneur '.
. la vie de n es plés qu' un ne martyre. Elle avait.une prédilection toute, particulière pour son fils Néron, doux et modeste. jeune homme qui, sans doute, lui rappelait Germanicus. Séjan excite contre Néron la jalousie de son frère Drusus, Puis Agrippine,et son fils préféré sont entourés d’espions qui, tiennent note de toutes leurs démarches, et leur donnent le perfide conseil de se réfugier au pied de la statue d'Auguste ou au sein des armées. Parmi les affidés de Séjanise trouve la propre. femme de Néron, Julie, digne fille. de, cette Livilla dont nous allons parler; Julie qui épie. jusqu'aux soupirs de son époux endormi! |
La terreur fait le vide autour d'Anna Un seul ami, Sabinus, reste le courtisan de son malheur. Mais il paie chèrement les larmes qu’il répand, ne Germanicus et sur sa veuve : faussement accusé par Tibère d’avoir voulu;attenter à la vie de l'empereur, il est traîné au supplice. nn Hd
En remerciant le Sénat, d’avoir. puni “Sahinus. : sinistre habitant de Caprée fait entendre que d'autres complots menacent ses jours. Il ne désigne personne, mais l’on devine qu'il pense à Agrippine et à
1, Non mirum, ait, si quid severius in ea statuisset, à qua venefñicii insimularetur. Tacite, Ann., 1V, 54.
Per 7" Fix)
Néron:'Après Ta mort dé Livie, vient l'accusation for-
melle, retardée, nous nous en souvenons, par la poli-
tique d'Augusta. Tibère signale au Sénat les désor- ‘dres du j jeune Néron, l'humeur farouche de sa mère. En recevant ce méssage impérial, les sénateurs’ sont atterrés, indécis ; maïs'le peuple se réveille. Portant
les images d'Agrippine ét de Néron, il ‘ntoure le
palais"du Sénat, criant que les lettres attribuées à l'empereur Sont fausses. Cette manifestation irrite ‘encore lé ressentiment du prince. #
’Agrippine vit ses fils condamnés à mourir de faim.
Quant à élle, réléguée dans cette ilé où sa mèré Ju-
lié avait été exilée, éllé fut réservée à d'autres Sup-
plices! Comme ‘elle invectivait contre son persécu-
teur, Tibère l4/ft" fouetter, elle, la fière et chaste
os paf-un vil Cénturion Qui lui créva un œil.
“C’én'était trop. Agrippine voulut se laisser mourir d'inanition. Tibère ne le permit pas. 11 fallait qu’elle
“bût longuement, goutte à goutte, le calice de fiel et
de sang qu'il lui présentait. Bien différente de son fils Drusus qui, condamné à mourir de faim, avait
‘essayé de dévorer jusqu'à la bourre d’un matelas; Avrippine, elle, condamnée à'vivre, résista aux geo-
lièérs qui voulaient enfoncer la nourriture dans sa bouche. Elle réussit à mourir de faim.
Que restait-il à cette grande ombre L'amour et le respect de Rome? Tibère le craignit sans doute ; aussi fit-il déclarer néfaste le jour natal d'Agrippine ;