‹ La femme romaineChapitre 298 sur 313 · Tacite, Ann., xx, 2, 5 ; Suétone, Néron, 1x. D. aie · texte numérisé non relu

Tacite, Ann., xx, 2, 5 ; Suétone, Néron, 1x. D. aie

qu'elle-mêème avait donnés à son fils : Sénèque et Burrus. Ceux-ci ne permirent pas que l'impératrice- -mêre continuät dé suivre la politique sanguinaire qu'elle adoptait ‘. Une femme leur vint en aide pour soustraire l’empereur au joug maternel : Néron aima l’affranchie Acte, et cet amour le rendit moins empressé auprès de sa mère. La dureté avec laquelle Agrippine reprocha à son fils de lui préférer une affranchie éloigna d'elle plus encore le jeune prince ?. Ce fut alors que, pour ressaisir le pouvoir qui lui échappait, Agrippine eut la monstrueuse idée de commettre le crime * dont un infàâme calomniateur devait, dix-sept siècles plus tard, accuser une reine martyre en l'appelant une nouvelle Agrippine. Et certes ce n’est pas la mère de Néron qui aurait. pu prononcer cette sublime parole de Marie-Antoinette : « Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille question faite à une mère... J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici! » SENS Tacite fait remarquer que la mère de Néron fut

“A Tacite, Ann, un, 64 "x, 41,22.

2, Id.,1d;, xiu, 12,43. |

8. Id., id., id., 13; comp. plus loin, xiv, 2. :A'ce dernier endroit, l'historien, par une légère contradiction, place ce forfait à l'époque de la liaison de l’empereur avec Poppée. Suivant une opinion que Tacite nous fait d’ailleurs connaître, Suétone attribue à Néron la première pensée de ce crime effroyable. Néron, XXVII, XXXIX.

AGRIPPINE, MÈRE DE NÉRON 471 aussi outrée dans ses viles complaisances qu’elle l'avait été naguère dans son orgueilleuse sévérité. À peine se fut-elle imaginé qu’elle avait repris sur l'empereur l’ascendant d'autrefois, qu'elle redevint exigeante, impérieuse. Parmi les parures qu’avaient laissées:les précédentes impératrices, Néron choisit pour sa mère le plus riche vêtement, les plus belles pierreries, et lui envoya ce souvenir. Loin d’acceptér ce don avec reconnaissance, Agrippine se plaignit, de ce que son fils, en lui offrant une partie seulement de ces parures, lésait les droits qu’elle prétendait avoir sur le tout. Ce propos fut rapporté à l'empereur par des interprètes qui en exagérèrent encore l’amertume .

Bientôt commença la disgrâce publique d'Agrippine. L’affranchi Pallas, son complice, se vit enlever la charge qu'il occupait à la cour. A cette nouvelle, Agrippine se laissa emporter par le torrent de son impétueuse nature. Perdre le pouvoir suprême, alors que, pour l’assurer, elle était tombée plus bas que Messaline! Devoir sa chute à ce même fils qu’elle avait cru enchainer par un pacte infernal, quelle torture pour son orgueil! Agrippine perdit toute mesure. Ce n’est point ici la sévère indignation de Livie lorsque Tibère se montre récalcitrant à son

joug : Livie pouvait parler en mère, parce que,

Page 1