Tacite, Ann, x
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malgré ses crimes, elle avait gardé intacte la dignité maternelle. Mais Agrippine n'avait plus aucun droit à la vénération de son fils. Ne pouvant plus se faire respecter, elle voulut. se faire craindre. Sa fureur éclata en cris et en invectives. Agrippine menaça Néron de porter son appui à Britannicus, le souverain légitime; et d’avouer même, pour le faire triompher, les crimes qu’elle avait commis pour l’écarter du pouvoir. Cette menace fut l'arrêt de mort de Britannicus. ; |
Agrippine assistait au repas pendant lequel le fils de Claude tomba foudroyé. Elle vit avec consternation périr sa dernière espérance ‘ ; mais non, ce n’était pas la dernière! Agrippine chercha un autre marchepied pour son ambition. Elle groupa autour d'elle les hommes les plus honorés, semblant chercher parmi eux un chef de parti. Les entretiens mystérieux qu’elle avait fréquemment avec ses amis, la grande bienveillance qu’elle témoignait aux tribuns, aux centurions, tout disait qu’elle espérait donner encore un trône. Néron s’en douta. Il retira à l'impératrice la garde prétorienne et la Heu germaine, et l’éloigna de son palais.
Retirée dans une maison où avait naguère vécu sa grand'mère Antoma, Agrippine fut délaissée de ses courtisans. De rares amitiés la suivirent dans la soli-