VIII - PRÉFACE
annaliste nous eut permis de recueillir les propres paroles de nos antiques Romaines, et de leur entendre parler une langue rude et naïve, mais qui ne dut jamais être dépourvue de force n1 de grandeur !
Si, pour dépeindre la période primitive de la vie romaine, les documents contemporains nous Mmanquaient, c’est au contraire la multiplicité des matériaux qui devenait un embarras pour l'étude de la seconde époque. L’historien, le jurisconsulte, le moraliste, le poëte, nous apportaient ici une foule de notions auxquelles venaient s'ajouter encore les précieuses découvertes de l'épigraphie et de l’archéologie. Le classement de ces innombrables matériaux n'a pas été la partie la moins pénible de notre travail. Si nous avions dû les employer tous, notre ouvrage aurait eu plusieurs volumes, et n’aurait que difficilement conservé cette unité morale et littéraire que nous avions en vue. Tel détail qui, pris isolément, nous paraissait avoir une certaine valeur, n'avait plus qu'uneimportance secondaire en se rattachant à l’ensemble de notre travail; et les matériaux dont nous nous servions ne pouvaient être que groupés avec de justes proportions, dans le modeste édifice que nous tentions d'élever. Nous nous sommes rappelé ici avec grand profit
PRÉFACE Lx
la juste observation qu'en couronnant /a Femme grecque, l'Académie française avait bien voulu nous adresser par l'organe de son secrétaire perpétuel, M. Patin, le maitre illustre et vénéré dont nos regrets honoreront toujours la mémoire.
. Nous avons indiqué certaines difficultés de notre œuvre. Ajoutons que notre tâche a été rendue plus lourde par les nombreuses traductions que nous avons faites. Chaque fois que nous avons cédé la parole à un écrivain latin, nous l’avons fait d'après nos propres versions. Nous ne poüvions du reste agir autrement pour les inscriptions que nous avons citées, et quin’avaient point encore passé dans notre langue. Quant aux textes historiques et littéraires, nous n’ignorons pas combien les traductions de nos savants latinistes eussent été préférables aux nôtres ; mais nous avons désiré conserver à notre travail, depuis la première ligne jusqu'à la dernière, un caractère tout personnel. Nous dirons aussi que, dans une œuvre qui est non-seulement une étude d'histoire morale, mais encore un essai de restitution archéologique, il nous a semblé utile de pouvoir attribuer à telle expression du texte latin, la valeur qu’elle nous semblait avoir dans les recherches spéciales que nous poursuivions. Avouons enfin que C'était