‹ La femme romaineChapitre 304 sur 313 · Tacite, Ann., xvV · texte numérisé non relu

Tacite, Ann., xvV

dES NÉO-STOICIENNES 487

aieule, accompagner deux fois en exil son mari Helvidius, y retourner une troisième fois pour avoir honoré publiquement la mémoire de son époux après que celui-ci eut été mis à mort ‘. Mais ces derniers faits allaient se passer sous les successeurs de Néron.

Au temps de Néron, la seconde Arria avait eu de nobles émules.

Nommons ici Pauline, femme de Sénèque, Sénèque, victime moins pure que Thraséas, Sénèque qui avait été le complice et le panégyriste du parricide de Néron, Sénèque qui aima la vertu comme philosophe, mais la pratiqua fort peu comme courtisan ; et qui, plus stoïcien que stoïque, ne rencontra guère que dans la disgrâce, et surtout dans la mort, l’application de ses rigoureux principes! Lorsque Néron lui envoya l'ordre de se tuer, il prenait un repas en compagnie de Pauline. Comme, à la fatale nouvelle, sa femme se désespérait, il la serrait dans ses bras, et lui offrait, pour la consoler, la perspective d’une vertueuse existence. Mais Pauline préféra la mort, prouvant ainsi à Sénèque combien il avait eu raison de sentir vivre sa femme en lui 2. Et cependant il était vieux, elle était jeune, mais un grand lien moral les unissait.

Sénêque ne s’opposa pas à la résolution de Pauline : il redoutait les outrages auxquels sa femme

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