LE JOUR NATAL DE LA ROMAINE
sous cette tente hébraïque que protégeait le vrai Dieu. Mais, quel que fût ce pouvoir paternel qui était plus redoutable encore chez les Romains que chez les patriarches, nous voyons que, sur les bords du Tibre même, l'affection du père venait plus d’une fois adoucir l'autorité du maître. La sévérité du milieu domestique, où croissait la jeune fille, n’excluait pas le charme intime du foyer. Le jour nâtal de la Romaine est, comme celui du Romain, une fête de famille. La fille du logis reçoit les dons de ceux qui l’aiment, et le pauvre esclave apporte lui-même de petits bijoux à sa jeune maîtresse, La flamme, vive et Joyeuse, brille sur l’autel domestique !.
Cet autel, ce foyer est bien connu de la vierge antique. C’est elle, nous le savons, qui en alimente le feu. Bientôt Virgile nous montrera Lavinie assistant son père dans un sacrifice, et brûlant sur l'autel les branches odorantes du pin ?.
Le Romain veut-il remercier les Lares de lui avoir accordé une faveur, sa jeune enfant le suit, portant un pur rayon de miel #. Et c’est ainsi que le pontife domestique, faisant passer par les mains de sa fille
1. Plaute, Epidicus, 614, 615; Properce, III, x; etc. . Præterea, castis adolet dum altaria tædis, Ut juxta genitorem adstat Lavinia virgo.
Énéide, vu, T1, 72. 3. Atque aliquis voti compos liba ipse ferebat, Postque comes purum filia parva favum.
Tibulle, I, x, 23, 24.