LA VIERGE ET LE LARE
l’une de ses offrandes religieuses, témoigne de, quel prix est pour lui la naïve candeur de cette enfant: l’innocence de la fille devient la protection du père. Aux siècles mêmes qui voient commencer la décadence morale de Rome, Plaute nous montre encore le plus important des génies du foyer, le Lare familier, qui fait découvrir un trésor à un ayvare qu'il. n'aime pas, mais dont la fille s’est concilié sa bienveillance : « Elle m'offre chaque jour, dit le Lare, ou de l’encens, ou du vin, ou autre chose; elle me donne des couronnes. En faveur d'elle, j'ai fait qu'Euclion découvrit ici ce trésor, à l’aide duquelil la mariera plus facilement s’il le veut ‘. »
Comme nous le mentionnions ailleurs, la jeune fille veillait donc sur le foyer privé comme la Vestale .sur le foyer de l’État ?. Elle se mêlait aussi au culte officiel. Était-elle fille d'un prêtre et d’une prétresse, elle était, comme son frère, appelée à aider ses parents dans leur ministère. On nommait Camilles ces jeunes servants du culte ?.
1. Huic filia una est : ea mihi cotidie Aut ture aut vino, aut aliqui semper subplicat; Dat mihi coronas : ejus honoris gratia Feci, thesaurum ut hic reperiret Euclio, Quo eam facilius nubtum, si vellet, daret.
PLAUTE, Aululaire, 23-21.
2. Boissier, ouvrage cité; voir aussi plus haut, pages 2, 3, 9. 3. Sile prêtre n'avait pas de fille, il choisissait, dans les familles romaines, une vierge d’une beauté accomplie, pour lui confier l'office de Camilla. Denys d'Halicarnasse, Ant. rom., IT, vn, 8.