‹ La femme romaineChapitre 34 sur 313 · UNE COUTUME GROSSIÈRE · texte numérisé non relu

UNE COUTUME GROSSIÈRE

prospérité publique, savaient-ils toujours la respec- -ter danseurs filles ? Faut-il rapporter aux premiers siècles de Rome les chants déshonnêtes interprétés par les jeunes filles lorsqu'elles célébraient Anna Pérenna ‘, déesse qui semble avoir présidé aux années ?, et dont la fête, essentiellement romaine, attirait sur les bords du Tibre le peuple qui goûtait là de champêtres plaisirs? Certes, il nous répugne de penser que la coutume immorale à laquelle nous venons de faire allusion appartenait à cette Rome patriarcale d'autrefois qui gardait dans ses austères vertus un reflet de la révélation primitiye. Nous voudrions croire que ce ne fut qu'aux siècles de dépravation morale qu’un tel usage vint se greffer sur le culte d'Anna Pérenna. Malheureusement d’autres détails de la vieille religion romaine ne nous permettent pas de trop mettre en doute l’antiquité de cette tradition. Il faut apparemment voir dans de semblables coutumes, non le fruit d'une corruption précoce, mais un témoignage de cette naïveté grossière où tombent les peuples naïssants lorsqu'ils ne se laissent plus guider par le vrai Dieu.

Nous aimons mieux placer les jeunes Romaines aux fêtes de Diane et à celles de Minerve. Nous ne nous arrêterons cependant pas ici sur la part qu'elles

A. Ovide, Fastes, 111, 675, 676.

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