‹ La femme romaineChapitre 5 sur 313 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

recueillions, dans une telle étude, ces traditions domestiques qui nous apportent à la fois le souvenir et les lecons des ancêtres. Sans doute, ce souvenir est trop souvent voilé par l'ombre des erreurs païennes; ces leçons nous ont été bien souvent données par les Romains à leurs propres dépens; mais, non moins que l'exemple de leurs vertus, le spectacle de leurs vices est pour nous un avertissement. Rome nous instruit, et par l’aus-: tère pureté de sa jeunesse, et par la corruption de son âge mür.

En esquissant le plan de notre ouvrage, nous disions tout à l’heure que les Romains mêlaient leurs dieux à tous les détails de leur existence. N'y a-t-il pas déjà une leçon utile à tirer de ce spectacle, qui nous est surtout donné par la Rome primitive? Certes les Romains se trompaient en appelant au milieu d’eux des divinités qui n’existaient pas; mais, du moins, l'instinct qui leur faisait sentir la nécessité d’une puissance surnaturelle, cet instinct n’était pas une erreur : c'était un souvenir du commun berceau des races humaines, c'était un besoin de ce lait dont la révélation primitive avait nourri l’humanité naissante. Oui, l’homme a naturellement faim et soif de la présence de Dieu. Pour que cette aspiration soit

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