LA DOT
Les regrets du passé, les douleurs même du présent, se taisaient devant les espérances de l’avenir.
Parmi les textes que nous citions au sujet des fiançailles, il en est un qui mentionne la fixation de la dot. À Rome, en effet, aussi bien que chez les Hindous et les Grecs, la femme apportait une dot à son mari. Mais autrefois cette dot était digne de la noble pauvreté romaine, et se composait de cette lourde monnaie d’alrain qui se pesait et ne se comptait pas. Si le patricien ne pouvait assigner de douaire à sa. fille, ses clients avaient le devoir de suppléer à son insuffisance. Comme à Athènes, ilarrivait que l’État lui-même dotait les filles de ses grands hommes morts sans fortune !.
La femme que le mariage mettait sous la main de son époux était-elle dotée par ses proches? C’est là une question qui a été discutée et qu'il ne nous appartient pas de résoudre.
En commençant ce chapitre, nous montrions dans l'enlèvement des Sabines les premiers mariages romains, et nous rattachions à cette légende des femmes conquises par la lance, la coutume essentiellement locale qui plaçait l'épouse sous la main de l'époux. Cet usage était la plus ancienne des conventions matrimoniales. Une semblable union arra-
1 Denys d'Halicarnasse, Ant. rom., IL, 1v, 1; Plutarque, Romulus, 15; Sénèque, Consolation à Helvie, xu; Questions naturelles, AT.