‹ La femme romaineChapitre 60 sur 313 · Voir plus haut, page 20, note · texte numérisé non relu

Voir plus haut, page 20, note

Malgré le rôle que remplissent les pontifes dans, le mariage sacré des Romains, cet acte solennel pa: rait avoir eu lieu dans la maison de la fiancée, ainsi que le sacrifice qui accompagnait les autres mariages !. Tout nous dit que la confarréation était célébrée dans l’atrium. Là brûülait le feu domestique, là se voyaient les images des Pénates et des Lares,. là se groupaient.et les membres vivants de la famille, et les portraits de cire modelés sur le visage des an-, côtres morts : c'était ce sanctuaire domestique qui devait voir les noces sacrées des vieux Romains.

Le grand Pontife et le Ælamen Dials, prètre de. Jupiter, président à la confarréation, et sont assistés,

de jeunes servants qui doivent avoir encore en vie.

leurs pères et leurs mères. Dix témoins représentant soit les dix curies d’une tribu, soit les dix familles d'une curie, sont nécessaires pour attester que les rites prescrits ont été accomplis et que les mots solennels ont été prononcés. .

Pendant que les fiancés se dirigent vers l’autel domestique, on porte devant eux un gâteau de far, c’est-à-dire d’épeautre. Ce fur, qui a été préparé par les mains des Vestales, les chastes gardiennes du foyer public, ce far est le symbole de cette commu-

4. Ibi Latinum apud penates deos domesticum publico adjunxisse fœdus, filia Æneæ in matrimonium' data. Tite-Live, 1, 1. Voir Rossbach, Rümische Hochzeits-und Ehendenkmäler. Leipzig,

nauté de vie, de biens et de pieux sacrifices, qui va donner naissance à un nouveau foyer privé. Aussi les fiancés mangent-ils en commun le gâteau de far, et c'est pourquoi le mariage sacré se nomme confarréalion.

Dans les noces athéniennes, les époux se parta-

geaient un gâteau d'orge. Seulement, ce qui n’était

en Grèce qu’un symbole, était de plus, chez les Ro-

mains, le signe sacramentel de leur mariage le plus

auguste.

Après le sacrifice d’un porc ou d’un mouton, les mariés se placent sur deux siéges que recouvre la . Û Q URI , Car péau de la victime qui a été immolée. Ces deux siéges, ainsi réunis en un seul, ne semblent-ils pas un nouvel emblème du lien qui fait de deux vies une vie

à la fois double et unique ?

On ignore si c'était à ce moment que se disaient les paroles solennelles qui ne nous sont point parvenues, et qui étaient essentielles à la validité de la confarréation.

Si la foudre grondait pendant cette solennité, la cérémohie entière était à recommencer.

La confarréation ne pouvait être dissoute par le divorce ordinaire. Pour rompre ce lien sacré, il fal-

lait un acte spécial, la diffarréation ‘.

1. Pour la confarréation, voir Denys d'Halicarnasse, Ané. rom.,

II, vin, 4, 5; Gaïus, Instit., 1, 112; Becker-Reïin, Gallus, Die

Fraren.

Page 1