Catulle, Lx
la grossiéreté forme un frappant contraste avec le caractère grave et religieux des cérémonies que nous avons décrites! Comment accorder cet immoral usage avec l'antique tradition qui défendait aux Romains de prononcer devant la femme une parole malséante®
C’est ainsi que le paganisme posait son empreinte Sur les coutumes même qui se rattachaient le: plus fortement aux saintes origines de l’humanité.
Les vers fescennins étaient-ils aussi chantés pendant la pompe nuptiale qui suivait la coñfarréation ? Les Romaïns profanaient-ils à ce point un acte dont le caractère demeura toujours sacré?
Suivant une coutume particulière à la confarréation *, la jeune femme était conduite par deux des enfants qui avaient participé à la cérémonie du matin. Un troisième précédait l'épouse et portait une torche d’épine blanche, allumée au foyer même que quittait la mariée. N’y a-t-il pas là un emblème de cette vie domestique qui, après avoir éclairéldla jeune fille sous le toit paternel, guide maintenant l'épouse vers le toit conjugal ?
Les autres flambeaux qui, au nombre de cinq, se retrouvaient dans tous les mariages, étaient en bois de pin ?.
1. Et qui, à une époque postérieure à celle dont nous nous oc cupons, passa dans les autres mariages. Becker-Rein, Pos cité.
2. Pour les torches nuptiales, voir Catulle, Lxi, 77, 187 98, 99,
Quelle que soit, sans doute, la forme matrimoniale qui a présidé à son changement d'état, la jeune femme est précédée d’un Camillus portant une corbeille. Elle-même tient une quenouille chargée de laine et un fuseau muni de fil ‘. Ici encore c’est un symbole analogue à celui que nous citions tout à l'heure. L’épouse continuera, auprès de son: mari, l'existence laborieuse commencée sous le regard. de sa mêre:
«Chez les Grecs aussi, au la mariée estie COnduite à la demeure conjugale, elle est entourée d’ustensiles domestiques. Seulement ces derniers -sont de ceux qui s’emploient pour piler, triturer et griller les grains ?; tandis qu'à Rome, où la femme vne s'occupe point de ces préparations alimentaires :qui sont attribuées à l’épouse grecque, la mariée n'apporte dans sa nouvelle habitation d’autres instruments de travail que ceux qui sont nécessaires au filage de la laine. |
Pendant là procession, l'époux jette des noix aux jeunes garçons : il a renoncé aux amusements puérils *, et les devoirs du chef de famille vont succéder aux jeux de l’adolescent. ;
Le cortège est arrivé à la maison nuptiale dont la 118; Virgile, l’Aigrette, 439; Ovide, Fastes, 11, 558; Plutarque, Questions romaines; etc. Voir aussi Becker-Rein, ouvrage cité.
1. Plutarque. Die ere Becker-Rein, ouvrage cité. 2. Voir la Femme grecque.